Aller au formulaire de contact
Bilan gratuit
Travailleurs non salariés · montants officiels 2026TNS · 2026

Prévoyance TNS, ce que vous touchez vraiment

La quasi-totalité des pages sur le sujet annoncent qu'un indépendant perçoit « 22 » ou « 26 € par jour au maximum ». C'est faux dans les deux cas, et de beaucoup. Voici les vrais montants 2026, régime par régime, et les quatre clauses qui décident si un contrat paiera.

Écrit par Thomas Reiminger Relu par Laurent Hilaire 11 minutes de lecture
Le point de départ

Trois régimes, trois plafonds sans rapport entre eux

Avant de comparer le moindre contrat, il faut savoir de quel régime vous relevez. Ce n'est pas un détail administratif : entre un artisan et une profession libérale, l'indemnité journalière maximale varie du simple au triple, et le contrat à souscrire n'a rien à voir.

Le mécanisme de base est le même pour tous les indépendants : l'indemnité vaut 1/730e du revenu d'activité annuel moyen des trois dernières années civiles. Ce qui change d'un régime à l'autre, c'est la limite dans laquelle ce revenu est retenu.

Indemnités journalières maladie par régime, montants 2026
Votre régimeRevenu retenu dans la limite deIndemnité journalière maximale
Salarié du régime général1,4 SMIC de salaire mensuel42,97 €
Artisan ou commerçant1 PASS, soit 48 060 €65,84 €
Profession libérale3 PASS, soit 144 180 €197,51 €
Profession libérale, plancherForfait de 40 % du PASS, soit 19 224 €26,33 € minimum

Faites glisser le tableau horizontalement pour tout voir

Le chiffre qui circule faux

Vous lirez très souvent qu'un indépendant « ne touche que 26,33 € par jour au maximum », parfois 22 €. Le second montant est simplement périmé. Le premier est un plancher, pas un plafond, et il concerne les professions libérales, pas les artisans. Il correspond exactement à 40 % du plafond annuel de la Sécurité sociale, soit 19 224 € en 2026, divisé par 730. Le maximum d'une profession libérale est au contraire de 197,51 € par jour. Confondre les deux revient à annoncer un besoin de couverture 7,5 fois supérieur au réel, ce qui arrange le vendeur et fausse la décision.

Vous pouvez refaire les trois calculs vous-même à partir du plafond annuel de la Sécurité sociale de 2026, fixé à 48 060 € : 48 060 divisé par 730 donne 65,84 ; trois fois 48 060 divisé par 730 donne 197,51 ; 40 % de 48 060 divisé par 730 donne 26,33. C'est la même arithmétique pour tout le monde, et elle est vérifiable.


Le cas le plus exposé

Quand vous ne percevez rien du tout

C'est la situation que les pages commerciales ne décrivent jamais, alors que c'est la seule qui justifie vraiment une urgence. L'indemnité journalière d'un artisan ou d'un commerçant est nulle lorsque le revenu d'activité annuel moyen des trois dernières années civiles est inférieur à 4 582 €, soit 10 % du plafond annuel moyen sur la période.

Deux autres conditions s'ajoutent : douze mois d'affiliation continue au minimum, et des cotisations à jour. Trois jours de carence s'appliquent ensuite à chaque arrêt.

Micro-entrepreneurs : l'erreur de lecture la plus fréquente

Le seuil de 4 582 € porte sur le revenu après abattement forfaitaire, pas sur le chiffre d'affaires encaissé. Avec un abattement de 34 % en prestations de services relevant des bénéfices non commerciaux, il faut donc bien davantage de chiffre d'affaires pour franchir le seuil qu'on ne l'imagine. Beaucoup de micro-entrepreneurs se croient couverts et ne le sont pas.

Sur la durée, l'indemnisation est plafonnée : le versement est limité à 87 jours par arrêt, dans la limite de 360 indemnités journalières sur trois ans. En affection de longue durée, l'indemnisation peut aller jusqu'à trois ans de date à date pour l'affection concernée, et le délai de carence n'est appliqué qu'au premier arrêt de cette période.


Professions libérales

Après le quatre-vingt-dixième jour, ce n'est plus l'Assurance Maladie

Le régime des professions libérales a une particularité que peu de pages signalent, et qui change tout au-delà d'un arrêt court. Depuis le 1er juillet 2021, l'Assurance Maladie verse les indemnités journalières pendant les quatre-vingt-dix premiers jours d'arrêt seulement.

Au-delà, c'est le régime invalidité-décès de votre section professionnelle rattachée à la CNAVPL qui prend le relais : CARMF pour les médecins, CARPIMKO pour les auxiliaires médicaux, CAVEC pour les experts-comptables, CIPAV pour de nombreuses professions non réglementées, et ainsi de suite.

Ces régimes fixent chacun, par leur propre règlement approuvé par arrêté, les conditions d'ouverture, le barème, les définitions d'incapacité retenues et les montants. Il n'existe aucun barème national unique. C'est la raison pour laquelle nous refusons de publier un montant générique pour les professions libérales : la seule réponse utile consiste à ouvrir le règlement de votre section.

Conséquence pratique pour le choix du contrat : sur un arrêt de plus de trois mois, un libéral doit connaître ce que sa caisse verse à partir du quatre-vingt-onzième jour avant de calibrer une garantie complémentaire. Sinon, il paie une couverture pour une période déjà couverte, ou laisse un trou là où sa caisse ne verse rien.


Le risque long

L'invalidité des indépendants n'est pas celle des salariés

Autre confusion fréquente : reprendre les trois catégories du régime général pour décrire l'invalidité d'un indépendant. Le régime des artisans et commerçants est distinct, avec deux prestations et non trois catégories.

Pensions d'invalidité des artisans et commerçants, montants 2026
La prestationPart du revenu annuel moyenMontant mensuel en 2026
Incapacité partielle au métier30 % des 10 meilleures annéesde 530,21 € à 1 201,50 €
Invalidité totale et définitive50 % des 10 meilleures annéesde 747,00 € à 2 002,50 €
Majoration pour tierce personneS'ajoute à la pension1 298,44 €

Faites glisser le tableau horizontalement pour tout voir

Les maxima sont les mêmes qu'au régime général, 1 201,50 € et 2 002,50 €. Ce sont les minima qui diffèrent, et à l'avantage des indépendants : 530,21 € et 747,00 €, contre 338,31 € pour un salarié. Écrire que le régime est « identique à celui des salariés » est faux ; écrire qu'il a les mêmes plafonds mais ses propres catégories et ses propres planchers est exact.

2 002 €
Le maximum mensuel en invalidité totale et définitivePour un indépendant qui dégageait 60 000 € de revenu annuel, la pension plafonne à ce montant. C'est ce niveau-là, et non le montant des indemnités journalières, qui doit dimensionner la rente d'un contrat.

Clause n° 1

Le délai de franchise décide de la date du premier euro

C'est le premier critère d'un contrat de prévoyance, et le plus mal arbitré. La franchise est la période qui court à compter de l'arrêt pendant laquelle le contrat ne verse rien : quinze, trente, soixante ou quatre-vingt-dix jours selon les offres. Elle pèse très lourdement sur la cotisation.

La bonne franchise n'est pas la plus courte. C'est celle qui commence exactement là où votre trésorerie de sécurité s'arrête. Payer une franchise de quinze jours quand on peut tenir deux mois sans revenu, c'est acheter une garantie qu'on n'utilisera pas. Prendre une franchise de quatre-vingt-dix jours quand on ne tient pas trois semaines, c'est se découvrir précisément au moment où l'on aurait eu besoin d'être couvert.

Cas chiffré · artisan, 5 000 € de revenu mensuel, arrêt de 120 jours

Indemnité journalière de la Sécurité sociale : 65,84 €, plafonnée.

Trois jours de carence, non indemnisés du tout.

Avec une franchise de 90 jours : 87 jours indemnisés uniquement par la Sécurité sociale, soit 5 728 € perçus, quand le revenu sur la même période aurait été de 14 794 €. Écart à supporter avant le premier versement du contrat : 9 066 €.

Avec une franchise de 30 jours : l'écart tombe à environ 2 400 €, et le contrat prend le relais au jour 31.

C'est ce montant-là, et non le tarif mensuel affiché, qui doit décider de la franchise.

À ne pas confondre avec le délai de carence, qui court à compter de la souscription et non de l'arrêt : pendant trois à douze mois selon les garanties, la couverture n'est pas encore acquise. Ni l'un ni l'autre n'est fixé par la loi en prévoyance individuelle. Ce sont des stipulations contractuelles, à lire aux conditions générales.


Clause n° 2

Incapacité de quelle profession : la vôtre, ou n'importe laquelle

C'est la clause la plus discriminante d'un contrat, et elle n'apparaît sur aucun tableau comparatif. Deux contrats peuvent afficher le même tarif, la même franchise et la même rente sans retenir la même définition de l'incapacité.

  • La définition professionnelle déclenche la garantie dès l'impossibilité d'exercer votre profession. C'est la seule qui ait un sens pour un métier manuel ou technique.
  • La définition fonctionnelle, souvent formulée « toute profession », exige l'impossibilité d'exercer une activité rémunérée quelle qu'elle soit. Un artisan qui ne peut plus travailler de ses mains mais pourrait tenir un poste administratif ne déclenche rien.

Vient ensuite le barème d'invalidité du contrat, qui n'a aucun rapport avec les prestations de la Sécurité sociale décrites plus haut. L'assureur retient un taux issu du croisement d'un taux fonctionnel et d'un taux professionnel, puis applique une règle de versement : rien en dessous d'un seuil, souvent 33 %, versement proportionnel entre ce seuil et un second palier, souvent 66 %, rente pleine au-delà. Deux contrats annonçant la même rente peuvent verser des montants très différents pour la même invalidité.

Les deux exclusions à vérifier avant le prix

Les affections dorsales et les affections psychiques sont fréquemment exclues, limitées dans le temps, ou conditionnées à une hospitalisation ou à une intervention chirurgicale. Ce sont pourtant deux des premières causes d'arrêt de travail long. Un contrat qui les exclut n'est pas nécessairement mauvais, mais il n'est pas comparable à un contrat qui les couvre : l'écart de tarif entre deux offres s'explique souvent entièrement par ce seul point.


Le levier fiscal

La déduction Madelin, calculée sur votre bénéfice

L'article 154 bis du code général des impôts permet de déduire du bénéfice imposable les cotisations de prévoyance, de santé et de perte d'emploi, dans la limite de 3,75 % du bénéfice imposable augmentée de 7 % du plafond annuel de la Sécurité sociale, sans que le total puisse excéder 3 % de huit fois ce plafond, soit 11 534,40 € en 2026.

Cas chiffré · artisan, 45 000 € de bénéfice imposable

3,75 % de 45 000 € : 1 687,50 €

7 % du plafond annuel de 48 060 € : 3 364,20 €

Plafond déductible pour l'année : 5 051,70 €

À une tranche marginale de 30 %, une cotisation de 2 400 € entièrement déductible représente 720 € d'impôt en moins, soit un coût réel de 1 680 € pour l'année.

Deux points que l'on oublie systématiquement. D'abord, l'enveloppe est partagée entre prévoyance et santé : ce que consomme votre complémentaire santé n'est plus disponible pour la prévoyance. Ensuite, les micro-entrepreneurs en sont exclus, parce que le régime micro repose sur un abattement forfaitaire pour frais réputé couvrir toutes les charges. Ils peuvent souscrire, et en ont souvent plus besoin qu'un autre, mais sans avantage fiscal.

« Il faut verser régulièrement sous peine de résiliation » : une confusion

L'exigence de versements réguliers quant au montant et à la périodicité était une condition de déductibilité propre au volet retraite du dispositif Madelin, lequel est fermé aux nouvelles souscriptions depuis le 1er octobre 2020, remplacé par le PER. Sur le volet prévoyance, il s'agit d'un contrat d'assurance à cotisations périodiques : un impayé relève de la procédure ordinaire de l'article L.113-3 du code des assurances, avec mise en demeure, suspension des garanties, puis résiliation. Ce n'est pas une sanction fiscale, c'est le droit commun de l'assurance.

Le sujet se traite rarement seul. Pour un indépendant, l'arbitrage entre l'enveloppe Madelin et le plafond du PER, qui est distinct et souvent bien plus élevé, se fait la même année. Voir aussi notre page contrat Madelin.


Le volet décès

Ce que verse la Sécurité sociale, et comment le capital est imposé

Un capital décès existe pour les artisans et commerçants, calculé sur le plafond annuel de la Sécurité sociale. Il donne la mesure de ce qu'un capital contractuel vient compléter.

  • 9 612 €, soit 20 % du plafond annuel, si l'assuré était en activité ou titulaire d'une pension d'invalidité.
  • 3 844,80 €, soit 8 % du plafond, s'il était retraité.
  • 2 403 € par enfant, soit 5 % du plafond, au titre du capital orphelin.

Sur la fiscalité du capital versé par un contrat de prévoyance, une précision s'impose, car l'article 81 du code général des impôts est très souvent cité à tort : il concerne l'exonération d'impôt sur le revenu de certains revenus, et ne fonde en rien le traitement successoral d'un capital décès.

Le cadre applicable est celui des contrats d'assurance en cas de décès. Pour les primes versées avant soixante-dix ans, l'article 990 I prévoit un abattement de 152 500 € par bénéficiaire, puis un prélèvement de 20 % jusqu'à 700 000 € et de 31,25 % au-delà. Pour les primes versées après soixante-dix ans, l'article 757 B soumet les seules primes aux droits de succession, au-delà d'un abattement global de 30 500 €. Le conjoint survivant et le partenaire de PACS sont totalement exonérés.

La différence avec l'assurance vie porte sur la nature du produit, pas sur le fondement fiscal : un capital décès de prévoyance est une temporaire décès, sans valeur de rachat et sans épargne capitalisée, mais il relève du même régime successoral.


Pour finir

Combien d'indépendants, et combien de couverts

Un dernier chiffre, parce qu'il circule beaucoup et faux. Certaines pages annoncent « 10 millions de TNS actifs, dont 4,7 millions sans prévoyance ». L'Insee recense en réalité 4,2 millions de personnes exerçant une activité non salariée fin 2023, dont 0,4 million dans le secteur agricole, les micro-entrepreneurs représentant désormais un peu plus de la moitié de l'ensemble. Source : Insee Première n° 2060, juin 2025.

Quant à la proportion d'indépendants réellement couverts par un contrat de prévoyance, aucune statistique publique ne la mesure. Ni l'Insee, ni la DREES, ni l'Urssaf ne publient de donnée sur ce point. Les taux que vous trouverez en ligne proviennent de sondages d'assureurs ou de courtiers. Nous n'en citons aucun, et nous préférons le dire plutôt que de fabriquer un chiffre.

Pour la vue d'ensemble du sujet, y compris pour les salariés, voir notre page prévoyance et mutuelle à Lille. Pour le détail des clauses contractuelles, voir la page prévoyance à Lille.

Questions fréquentes

Ce que l'on nous demande sur la prévoyance des indépendants

Dix-sept réponses, chacune adossée à un texte ou à un montant officiel que vous pouvez vérifier.

Combien touche un artisan ou un commerçant en arrêt de travail ?
L'indemnité journalière correspond à 1/730e du revenu d'activité annuel moyen des trois dernières années civiles, ce revenu étant retenu dans la limite du plafond annuel de la Sécurité sociale, soit 48 060 € en 2026. Le maximum s'établit donc à 65,84 € par jour au 1er janvier 2026. Trois jours de carence s'appliquent, douze mois d'affiliation continue sont exigés, et le versement est limité à 87 jours par arrêt, dans la limite de 360 indemnités sur trois ans.
J'ai lu partout que les indépendants touchaient 22 ou 26 € par jour au maximum. Est-ce vrai ?
Non. Ces montants circulent beaucoup et ils sont faux, soit parce qu'ils sont périmés, soit parce qu'ils confondent un plancher avec un plafond. Le montant de 26,33 € est le plancher applicable aux professions libérales : il correspond à un revenu forfaitaire de 40 % du plafond annuel de la Sécurité sociale, soit 19 224 € en 2026, divisé par 730. Ce n'est pas un maximum. Pour un artisan ou un commerçant, le maximum est de 65,84 €. Pour une profession libérale, il monte à 197,51 €, le revenu étant retenu dans la limite de trois fois le plafond annuel, soit 144 180 €.
Un indépendant peut-il ne rien percevoir du tout ?
Oui, et c'est le cas le plus exposé. L'indemnité journalière est nulle lorsque le revenu d'activité annuel moyen des trois dernières années civiles est inférieur à 4 582 €, soit 10 % du plafond annuel moyen sur la période. Il faut également justifier de douze mois d'affiliation continue et être à jour de ses cotisations. Un indépendant en début d'activité, ou dont les revenus ont été faibles sur trois ans, se retrouve donc sans aucune indemnisation. Attention pour les micro-entrepreneurs : le seuil porte sur le revenu après abattement forfaitaire, pas sur le chiffre d'affaires.
Comment fonctionnent les indemnités journalières des professions libérales ?
Depuis le 1er juillet 2021, les professions libérales relèvent de l'Assurance Maladie pour les quatre-vingt-dix premiers jours d'arrêt, avec un calcul en 1/730e du revenu d'activité annuel moyen et un revenu retenu dans la limite de trois fois le plafond annuel de la Sécurité sociale. Au-delà du quatre-vingt-dixième jour, c'est le régime invalidité-décès de leur section professionnelle rattachée à la CNAVPL qui prend le relais : CARMF pour les médecins, CIPAV, CARPIMKO, CAVEC selon la profession. Ce sont ces règlements-là qu'il faut lire avant de souscrire, et ils diffèrent fortement d'une caisse à l'autre.
La pension d'invalidité des indépendants est-elle la même que celle des salariés ?
Non, le régime est distinct. Là où le régime général retient trois catégories, les artisans et commerçants relèvent de deux prestations : la pension pour incapacité partielle au métier, égale à 30 % du revenu annuel moyen des dix meilleures années, et la pension pour invalidité totale et définitive, égale à 50 %. Les maxima mensuels sont les mêmes qu'au régime général, 1 201,50 € et 2 002,50 € en 2026, mais les minima diffèrent : 530,21 € et 747,00 € pour les indépendants, contre 338,31 € au régime général. Une majoration pour tierce personne de 1 298,44 € par mois peut s'y ajouter.
Qu'est-ce que le délai de franchise, et comment le choisir ?
C'est la période qui court à compter de l'arrêt pendant laquelle le contrat ne verse rien. Quinze, trente, soixante ou quatre-vingt-dix jours selon les contrats. Elle pèse très lourdement sur la cotisation, et c'est le premier critère à arbitrer. La bonne franchise n'est pas la plus courte : c'est celle qui commence là où votre trésorerie de sécurité s'arrête. Un indépendant capable de tenir deux mois de charges sans revenu n'a pas d'intérêt à payer une franchise de quinze jours ; celui qui ne tient pas quinze jours, si.
Franchise et carence, quelle différence ?
Deux notions contractuelles distinctes que l'on confond en permanence. Le délai de carence, ou délai d'attente, court à compter de la prise d'effet du contrat : pendant trois à douze mois selon les garanties, la couverture n'est pas encore acquise. Le délai de franchise court à compter de l'arrêt. Ni l'un ni l'autre n'est fixé par la loi en prévoyance individuelle. Et il ne faut les confondre ni l'un ni l'autre avec les trois jours de carence de la Sécurité sociale, qui eux sont légaux.
Incapacité professionnelle ou fonctionnelle : quelle différence concrète ?
C'est la clause la plus discriminante d'un contrat, et elle ne se voit sur aucun tableau comparatif. Une définition professionnelle déclenche la garantie dès l'impossibilité d'exercer votre profession. Une définition fonctionnelle, souvent formulée « toute profession », exige l'impossibilité d'exercer une activité rémunérée quelle qu'elle soit. Pour un artisan qui ne peut plus travailler de ses mains mais pourrait tenir un poste administratif, la seconde ne déclenche rien. Deux contrats affichant le même tarif peuvent ne pas retenir la même définition.
Quelles exclusions faut-il vérifier en priorité ?
Les affections dorsales et les affections psychiques, avant toutes les autres. Elles sont fréquemment exclues, limitées dans le temps, ou conditionnées à une hospitalisation ou à une intervention chirurgicale. Ce sont pourtant deux des premières causes d'arrêt de travail long. Un contrat qui les exclut n'est pas nécessairement mauvais, mais il n'est pas comparable à un contrat qui les couvre : l'écart de tarif entre deux offres s'explique souvent entièrement par ce point.
Quel est le plafond de déduction Madelin en 2026 ?
L'article 154 bis du code général des impôts permet de déduire du bénéfice imposable les cotisations de prévoyance, de santé et de perte d'emploi, dans la limite de 3,75 % du bénéfice imposable augmentée de 7 % du plafond annuel de la Sécurité sociale, sans excéder 3 % de huit fois ce plafond, soit 11 534,40 € en 2026. Pour un bénéfice de 45 000 € : 3,75 % de 45 000 € font 1 687,50 €, plus 7 % de 48 060 € qui font 3 364,20 €, soit 5 051,70 € déductibles. Cette enveloppe est partagée entre prévoyance et santé : ce que consomme l'une n'est plus disponible pour l'autre.
Un micro-entrepreneur peut-il déduire ses cotisations Madelin ?
Non. Le régime micro repose sur un abattement forfaitaire pour frais, réputé couvrir l'ensemble des charges de l'activité : aucune charge réelle ne peut être déduite en plus, y compris les cotisations Madelin. La déduction de l'article 154 bis suppose une imposition au régime réel. Un micro-entrepreneur peut parfaitement souscrire un contrat de prévoyance, et il en a souvent plus besoin qu'un autre, mais sans avantage fiscal. Passer au régime réel change le calcul, et c'est une question à traiter avec son comptable avant de souscrire.
Faut-il verser régulièrement sur un contrat Madelin sous peine de résiliation ?
C'est une confusion très répandue entre les deux volets du dispositif. L'exigence de versements réguliers quant au montant et à la périodicité était une condition de déductibilité propre au volet retraite, lequel est fermé aux nouvelles souscriptions depuis le 1er octobre 2020, remplacé par le PER. Sur le volet prévoyance, il s'agit d'un contrat d'assurance à cotisations périodiques : un impayé relève de la procédure ordinaire de l'article L.113-3 du code des assurances, avec mise en demeure, puis suspension des garanties, puis résiliation. Ce n'est pas une sanction fiscale, c'est le droit commun de l'assurance.
Que verse la Sécurité sociale aux proches en cas de décès ?
Un capital décès existe pour les artisans et commerçants, calculé sur le plafond annuel de la Sécurité sociale. En 2026, il s'élève à 9 612 €, soit 20 % du plafond, lorsque l'assuré était en activité ou titulaire d'une pension d'invalidité, et à 3 844,80 €, soit 8 %, s'il était retraité. Un capital orphelin de 2 403 € par enfant, soit 5 % du plafond, peut s'y ajouter. Ces montants donnent la mesure de ce qu'un capital décès contractuel vient compléter.
Comment est imposé le capital décès versé par un contrat de prévoyance ?
Par le régime des contrats d'assurance en cas de décès, et non par l'article 81 du code général des impôts souvent cité à tort, qui concerne l'exonération d'impôt sur le revenu de certains revenus. Pour les primes versées avant soixante-dix ans, l'article 990 I prévoit un abattement de 152 500 € par bénéficiaire, puis un prélèvement de 20 % jusqu'à 700 000 € et de 31,25 % au-delà. Pour les primes versées après soixante-dix ans, l'article 757 B soumet les seules primes aux droits de succession au-delà d'un abattement global de 30 500 €. Le conjoint survivant et le partenaire de PACS sont totalement exonérés.
Combien y a-t-il d'indépendants en France, et combien sont couverts ?
L'Insee recense 4,2 millions de personnes exerçant une activité non salariée fin 2023, dont 0,4 million dans le secteur agricole, les micro-entrepreneurs représentant désormais un peu plus de la moitié de l'ensemble. Source : Insee Première n° 2060, juin 2025. En revanche, aucune statistique publique ne mesure la part des indépendants couverts par un contrat de prévoyance complémentaire : les taux que l'on trouve en ligne proviennent de sondages d'assureurs ou de courtiers. Nous n'en citons aucun.
Peut-on résilier une prévoyance à tout moment comme une mutuelle ?
Non. La résiliation infra-annuelle instaurée par la loi n° 2019-733 du 14 juillet 2019 ne vise que les garanties de remboursement de frais de santé. Un contrat de prévoyance reste soumis au droit commun : résiliation à l'échéance annuelle avec le préavis prévu au contrat, en application de l'article L.113-12 du code des assurances, avec le rappel d'échéance de la loi Chatel lorsqu'il s'applique. Et la loi Lemoine, souvent invoquée, ne concerne que l'assurance emprunteur. Résilier une prévoyance suppose aussi de repasser un questionnaire de santé, avec son état de santé du jour.
Le bilan FOR-U est-il facturé ?
Non. Rien ne vous est facturé. FOR-U est rémunéré par les organismes retenus, sous forme de commissions sur les contrats effectivement souscrits, et le montant comme le mode de calcul vous sont communiqués par écrit avant toute signature. Si vous ne souscrivez rien, nous ne percevons rien. Nous sommes courtier d'assurance inscrit au registre unique des intermédiaires sous le numéro ORIAS 24004797, vérifiable sur orias.fr.

Écrit par Thomas Reiminger, manager marketing et relation client chez FOR-U. Relu et validé par Laurent Hilaire, directeur général et fondateur, ORIAS 24004797. Mis à jour le 4 septembre 2026. Sources : articles L.113-3 et L.113-12 du code des assurances · articles D.622-12 et L.622-1 du code de la sécurité sociale · articles 154 bis, 757 B, 990 I et 796-0 bis du code général des impôts · montants d'indemnités journalières, de pensions d'invalidité et de capital décès publiés par l'Assurance Maladie pour 2026 · plafond annuel de la Sécurité sociale publié par l'Urssaf, 48 060 € en 2026 · Insee Première n° 2060, juin 2025, sur les revenus d'activité des non-salariés en 2023.

Bilan gratuit

Votre plafond, calculé sur vos chiffres

Quarante-cinq minutes, sans engagement, au cabinet de Villeneuve-d'Ascq ou en visioconférence.

Gratuit · 45 min

Faire calculer votre plafond réel

Reports compris, mutualisation comprise. Un conseiller vous dit aussi si la déduction est rentable dans votre situation. Rappel sous 24 h ouvrées.

Sans engagement · Ou appelez directement le 06 50 56 18 79

Demande bien reçue

Un conseiller FOR-U vous rappelle sous 24 heures ouvrées. Ayez sous la main votre dernier avis d'imposition : il porte votre revenu net imposable et votre plafond de déduction disponible.

Avis clients

5 sur 5, sur 37 avis Google

Trois d'entre eux, reproduits ici. Nous ne pouvons ni les modifier ni les supprimer.

★★★★★

« Plus que satisfait. S'est engagé il y a presque 10 ans à me suivre, et c'est le cas. Conseils avisés, expertise et particulièrement humaine, je recommande sans hésiter ! »

Paulo H.
Local Guide · visite en juin 2024 · voir sur Google
★★★★★

« Sérieux, disponible, très réactif et professionnel ! […] Résultat, les remboursements d'impôt sont en cours ! Nous sommes rassurés, tout est rentré dans l'ordre. L'optimisation fiscale est cette fois bien réelle. […] Un grand merci. »

Séverine B.
Visite en juin 2024 · lire l'avis complet
★★★★★

« Très bien, je recommande. »

Sonia C.
Visite en juillet 2024 · voir sur Google

Ces avis sont publiés sur la fiche Google Business de FOR-U. Ils émanent de clients ayant utilisé nos services, sont datés par Google, et ne font l'objet d'aucune modération ni contrepartie de notre part. Deux d'entre eux sont reproduits sous forme d'extrait, signalé par des crochets ; le texte intégral est accessible par les liens ci-dessus. Note moyenne de 5 sur 5 pour 37 avis au 2 septembre 2026.

Votre plafond dort peut-être depuis cinq ans.

Chaque année de plafond non utilisée finit par tomber. Quarante-cinq minutes suffisent pour savoir ce que vous pouvez déduire cette année, et si la déduction vaut le coup dans votre cas.

Gratuit · Sans engagement · Réponse sous 24 h ouvrées · ORIAS 24004797