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Guide 2026 · courtier immatriculé ORIAS 24004797ORIAS 24004797

Assurance vie et succession : ce que le bénéficiaire touche vraiment

Les abattements de 152 500 € et 30 500 € sont inchangés en 2026. Mais entre la valeur du contrat au décès et la somme qui arrive sur le compte du bénéficiaire, il y a un prélèvement dont presque aucun tableau ne parle.

  • 17,2 % de prélèvements sociaux sont dus au décès sur les gains en unités de compte
  • C’est l’âge au versement qui fixe le régime, jamais l’âge au décès
  • Aucun chiffre avancé ici sans l’article de loi qui le fonde
Vérifié le 9 septembre 2026Articles 990 I et 757 B du CGILecture 9 min
Gratuit · 45 min

Faire relire vos clauses bénéficiaires

Envoyez vos conditions générales et la clause bénéficiaire de chaque contrat. Nous recalculons ce que chaque bénéficiaire toucherait réellement, prélèvements sociaux compris, et nous vous disons si la clause tient.

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Un conseiller FOR-U vous rappelle sous 24 heures ouvrées. Préparez si possible le prix d'acquisition, les frais de notaire et votre dernier tableau d'amortissement si vous louez déjà : ce sont les trois chiffres qui décident.

152 500 €par bénéficiaire, versements avant 70 ans, article 990 I
30 500 €globaux après 70 ans, article 757 B, gains exonérés
17,2 %de prélèvements sociaux au décès sur les gains en unités de compte
0 €pour le conjoint et le partenaire de PACS, sans plafond

La réponse en trente secondes

Ce qu’on cherche en tapant « fiscalité assurance vie succession » tient en deux régimes, et rien de plus. Les capitaux d’une assurance vie ne rejoignent pas l’actif successoral. Ils vont directement aux bénéficiaires désignés, avec leur propre fiscalité. Deux régimes coexistent, et c’est la date des versements qui tranche, jamais la date du décès.

Primes versées avant 70 ansarticle 990 I du CGI152 500 €d’abattement par bénéficiaire, primes et gains confondus. Au-delà : 20 %, puis 31,25 % à partir de 852 500 €.
Primes versées après 70 ansarticle 757 B du CGI30 500 €d’abattement global, partagé entre tous. Mais seules les primes sont taxées : les gains sont exonérés, sans plafond.

Le conjoint et le partenaire de PACS sont exonérés dans les deux cas, sans plafond (article 796-0 bis du CGI, issu de la loi TEPA de 2007). Le concubin, lui, ne l’est pas.

Et il manque une ligne à ce tableau, celle que l’on ne trouve presque jamais : sur un contrat en unités de compte, l’assureur prélève 17,2 % de prélèvements sociaux sur les plus-values au moment du décès, avant de verser quoi que ce soit. Ce coût-là frappe même le conjoint exonéré de tout impôt. C’est l’objet du chapitre 3.

Ce que « hors succession » veut dire, et ce que ça ne veut pas dire

La formule est partout, et elle est mal comprise. « Hors succession » signifie que les capitaux ne sont pas soumis au partage entre héritiers et ne transitent pas par le notaire pour leur répartition. L’assureur paie directement la personne désignée dans la clause.

Cela ne signifie pas que ces capitaux échappent à tout. Ils supportent une fiscalité propre, et deux mécanismes peuvent les ramener dans le champ commun.

Les primes manifestement exagérées

Des versements disproportionnés au regard du patrimoine, des revenus et de l’âge du souscripteur peuvent être requalifiés par le juge et réintégrés à la succession. Il n’existe aucun seuil chiffré : l’appréciation se fait au cas par cas, au moment de chaque versement, en tenant compte de l’utilité du contrat pour le souscripteur. Un versement représentant l’essentiel du patrimoine d’une personne très âgée, sans autre justification, est le cas d’école.

La réserve héréditaire

Les capitaux d’assurance vie ne sont en principe pas rapportables à la succession (article L. 132-13 du code des assurances). Les enfants réservataires ne peuvent donc pas agir directement au titre de leur réserve, qui est de la moitié du patrimoine pour un enfant, des deux tiers pour deux, des trois quarts pour trois ou plus. Leur seule voie est de démontrer le caractère manifestement exagéré des primes. C’est une nuance de procédure, et elle change tout : la charge de la preuve pèse sur eux.

Le texte

« Le capital ou la rente payables au décès du contractant à un bénéficiaire déterminé ne sont pas soumis aux règles du rapport à succession, ni à celles de la réduction pour atteinte à la réserve des héritiers du contractant. »

Article L. 132-13, alinéa 1er, du code des assurances

Le coût que les comparatifs oublient : les prélèvements sociaux au décès

Voici le point qui distingue un article correct d’un article complet, et il est presque toujours absent.

Sur un contrat en unités de compte, les plus-values n’ont supporté aucun prélèvement social pendant la vie du contrat. Elles en supportent au dénouement, et depuis le 1er janvier 2010, le décès de l’assuré est un dénouement comme un autre. L’assureur calcule 17,2 % sur les gains, les retient sur la valeur du contrat, et ne verse aux bénéficiaires que le solde.

Le texte

Les produits attachés aux droits exprimés en unités de compte sont soumis aux prélèvements sociaux « lors du dénouement des bons ou contrats ou lors du décès de l’assuré ». L’assiette est la différence entre la valeur du contrat à cette date et les produits ayant déjà supporté la contribution.

Article L. 136-7, II, 3° du code de la sécurité sociale

Sur un fonds en euros, la question ne se pose pas : les prélèvements sociaux y sont retenus chaque année, au fil de l’eau, sur les intérêts inscrits en compte. Au décès, il ne reste plus rien à prélever sur cette poche. C’est pourquoi la composition du contrat change complètement le résultat, et pourquoi un tableau à deux colonnes ne peut pas y répondre.

Trois générations d’une même famille dans un parc en automne, illustration de la fiscalité assurance vie succession et de la transmission d’un contrat
L’abattement de 152 500 € se compte par bénéficiaire, pas par contrat. C’est le nombre de personnes désignées qui démultiplie l’avantage, jamais le nombre de contrats ouverts au profit de la même personne.

Ce que ça coûte, en euros

Reprenons un cas courant : un contrat entièrement en unités de compte, alimenté à hauteur de 100 000 € après 70 ans, et valorisé 250 000 € au décès. C’est l’exemple qu’on trouve partout pour vanter l’exonération des plus-values après 70 ans.

Valeur du contrat au décès100 000 € de primes, 150 000 € de gains250 000 €
Prélèvements sociaux sur les gains en unités de compte17,2 % de 150 000 €, retenus par l’assureur avant tout versement− 25 800 €
Droits de succession, article 757 Bsur 69 500 € de primes après abattement global de 30 500 €, en ligne directe− 12 094 €
Reçu par le bénéficiairesoit 15,2 % de ponction totale sur la valeur du contrat212 106 €

L’exonération des plus-values après 70 ans est réelle, et elle reste un avantage considérable : les 150 000 € de gains ne supportent aucun droit de succession. Mais ils supportent 25 800 € de prélèvements sociaux, et c’est le double des droits de succession dus sur ce même contrat. Annoncer « 180 500 € transmis sans droits » est exact et trompeur à la fois.

Le conjoint exonéré les paie aussi

C’est la conséquence la plus contre-intuitive. Le conjoint survivant est exonéré du prélèvement de l’article 990 I et des droits de succession, sans plafond. Il n’est pas exonéré des prélèvements sociaux, parce que ceux-ci ne le frappent pas lui : ils frappent un revenu réalisé par le souscripteur avant son décès.

Un conjoint recevant un contrat en unités de compte valorisé 2 000 000 € pour 500 000 € de primes encaissera 1 742 000 €, pas 2 000 000 €. Les 258 000 € manquants sont des prélèvements sociaux, sur un dossier où l’impôt est nul.

La jurisprudence de 2026, sur ce point précis

Un bénéficiaire a contesté ce mécanisme jusqu’au Conseil d’État, en soutenant qu’on lui faisait supporter l’impôt d’un autre. Il a été débouté le 18 février 2026. La haute juridiction a refusé de transmettre la question au Conseil constitutionnel : le souscripteur est seul redevable, et le fait que le capital soit versé net n’a ni pour objet ni pour effet d’assujettir le bénéficiaire à une imposition.

Décisions récentes

Conseil d’État, 18 février 2026, n° 504077. Refus de transmission d’une question prioritaire de constitutionnalité. Les prélèvements sociaux dus au décès ont pour assiette un revenu réalisé par le souscripteur, qui a seul la qualité de redevable.

Tribunal judiciaire de Paris, 16 décembre 2025, n° 24/10931. Ces mêmes prélèvements constituent une dette déductible de l’actif successoral, les articles 769 et 773 du CGI ne faisant pas obstacle à leur déduction.

Le jugement du 16 décembre 2025 n’est pas définitif : un appel de l’administration devant la cour d’appel de Paris est attendu. Nous ne le présentons pas comme une règle acquise, mais comme une piste à surveiller avec votre notaire.

Combien reste-t-il vraiment, sur votre contrat

Aucun tableau générique ne peut répondre, parce que le résultat dépend de cinq variables qui se combinent : la répartition des primes avant et après 70 ans, la part du contrat placée en unités de compte, la plus-value acquise, le nombre de bénéficiaires et leur lien de parenté.

L’outil ci-dessous les prend toutes, applique les prélèvements sociaux avant l’impôt comme le fait l’assureur, et affiche la cascade complète jusqu’au net perçu. Il compare aussi le résultat à celui d’une succession ordinaire, abattement personnel compris, pour que la comparaison soit honnête dans les deux sens.

Le calcul se fait dans votre navigateur. Rien n’est transmis, rien n’est enregistré.

Fiscalité assurance vie succession : le barème par bénéficiaire

Après l’abattement de 152 500 €, le prélèvement de l’article 990 I est forfaitaire, pas progressif. C’est ce qui le rend si favorable aux transmissions hors ligne directe.

0 %20 %31,25 %
jusqu’à 152 500 € par bénéficiairede 152 500 € à 852 500 €au-delà de 852 500 €

Enfant : un abattement supérieur, mais un barème à comparer honnêtement

L’abattement de 152 500 € dépasse l’abattement successoral de 100 000 € par enfant. Mais attention à la comparaison que l’on lit partout, qui oppose 20 % à « 20 % en succession classique ». En ligne directe, le barème successoral est progressif : 5 % jusqu’à 8 072 €, 10 %, 15 %, et 20 % seulement au-delà de 15 932 €.

Sur un capital de 600 000 € partagé entre trois enfants, versements avant 70 ans : le prélèvement de l’article 990 I est de 9 500 € par enfant. En succession ordinaire, les droits réels seraient de 18 194 €, et non de 20 000 € comme le donne le calcul approximatif. L’économie est de 8 694 € par enfant, soit 26 083 € au total. Elle est réelle, elle est simplement plus petite que ce qu’on lui prête.

Tiers, concubin, neveu : l’écart devient spectaculaire

C’est hors ligne directe que le dispositif prend toute sa force. Un tiers ne dispose en succession que d’un abattement de 1 594 €, et supporte ensuite 60 %.

Sur 300 000 € transmis à un ami, versements avant 70 ans : 152 500 € sont exonérés, 147 500 € supportent 20 %, soit 29 500 €. En succession ordinaire, les droits atteindraient 179 044 €. L’écart est de 149 544 € sur une seule transmission.

Frère et sœur : vérifier d’abord l’exonération de l’article 796-0 ter

Avant de monter un contrat au profit d’un frère ou d’une sœur, il faut vérifier une exonération que beaucoup ignorent. Elle est totale, et elle rend l’assurance vie inutile sur le plan fiscal si elle s’applique.

Trois conditions cumulatives

Le frère ou la sœur est exonéré de droits de succession s’il est, au décès : célibataire, veuf, divorcé ou séparé de corps ; âgé de plus de 50 ans ou infirme ; et s’il a vécu avec le défunt les cinq années précédant le décès, sans interruption.

Article 796-0 ter du CGI. L’exonération vaut également pour le prélèvement de l’article 990 I : dans ce cas, l’assurance vie n’apporte aucun gain fiscal.

Après 70 ans : le régime mal-aimé qui gagne plus souvent qu’on ne croit

Le régime de l’article 757 B a mauvaise réputation, et c’est un raccourci. Trois caractéristiques le rendent souvent supérieur à ce que son abattement laisse croire.

Seules les primes sont taxées

C’est la clé. Les gains, quel que soit leur montant, échappent aux droits de succession. Sur un contrat versé 80 000 € après 70 ans et valorisé 220 000 €, seuls 49 500 € (80 000 − 30 500) entrent dans l’assiette. Les 140 000 € de plus-values en sortent entièrement. Plus le contrat travaille longtemps, plus ce régime devient favorable.

C’est l’âge au versement qui compte, jamais l’âge au décès

Une prime versée à 68 ans relève définitivement du régime des 152 500 €, même si le souscripteur décède à 95 ans. Cette règle est le fondement de toute stratégie : elle permet de figer un régime favorable en agissant à temps.

L’abattement de 30 500 € est global, et il se partage

Contrairement aux 152 500 €, l’abattement de l’article 757 B est unique pour l’ensemble des bénéficiaires et de tous les contrats du même assuré. Il se répartit entre eux au prorata de leurs parts. Multiplier les bénéficiaires ne le multiplie pas.

La seule vraie limite du régime après 70 ans, ce ne sont pas les 30 500 € : c’est que la fraction taxable rejoint l’actif successoral et subit le barème du lien de parenté. Pour un tiers, cela veut dire 60 %. Après 70 ans, transmettre à un tiers par assurance vie perd l’essentiel de son intérêt.

La clause bénéficiaire, seul endroit où tout peut se perdre

Le meilleur contrat, le meilleur régime et le meilleur rendement ne pèsent rien face à une clause mal rédigée. C’est le seul document qui décide de qui touche quoi.

Les trois formulations qui coûtent cher

  • « Mes héritiers légaux » sans autre précision. Les capitaux sont alors répartis selon la dévolution successorale. L’abattement de 152 500 € reste applicable, mais vous perdez tout l’intérêt de la désignation libre : impossible de gratifier un tiers, un concubin ou un petit-enfant.
  • Une clause jamais mise à jour. Elle désigne un ex-conjoint, ou une personne décédée avant vous sans bénéficiaire de second rang. Dans ce dernier cas, les capitaux retombent dans la succession et perdent leur régime propre.
  • Une répartition non chiffrée. « À parts égales entre mes enfants » est clair. « À mes enfants et à ma sœur » ne l’est pas, et bloque le versement le temps que les bénéficiaires s’accordent.

Ce que doit contenir une clause qui tient

  • Le nom, le prénom et la date de naissance de chaque bénéficiaire, pas seulement sa qualité.
  • Une répartition en pourcentages dont la somme fait 100.
  • Des bénéficiaires de second rang, avec la mention « à défaut ».
  • Une révision à chaque événement familial : mariage, PACS, divorce, naissance, décès.

Un bénéficiaire qui reçoit des capitaux de plusieurs contrats du même défunt doit remettre à chaque assureur une attestation sur l’honneur recensant l’ensemble de ce qu’il a perçu. C’est ce mécanisme qui empêche de cumuler les abattements en ouvrant plusieurs contrats.

Ce qui a changé en 2026, et ce qui n’a pas changé

La fiscalité assurance vie succession a fait beaucoup de bruit à l’automne 2025. Voici l’état réel du droit.

Les abattements n’ont pas bougé

Un amendement au projet de loi de finances pour 2026, porté par le député Nicolas Ray, a bien été adopté en première lecture le 3 novembre 2025, par 120 voix contre 110. Il ouvrait une fenêtre temporaire de transmission anticipée de 152 500 € par bénéficiaire aux conjoints et descendants, pour les souscripteurs atteignant 70 ans avant le 31 décembre 2026.

Il n’a pas survécu à la navette parlementaire. Il ne figure pas dans le texte définitif adopté par engagement de responsabilité en février 2026. Les abattements de 152 500 € et 30 500 €, ainsi que les taux de 20 % et 31,25 %, sont donc identiques à 2025. Si vous lisez ailleurs qu’une « nouvelle loi 2026 » a modifié la fiscalité de l’assurance vie en succession, c’est cet amendement abandonné qui est confondu avec le droit en vigueur.

Le taux des prélèvements sociaux non plus

Attention à une confusion fréquente cette année. La loi du 30 décembre 2025 a porté les prélèvements sociaux de 17,2 % à 18,6 % sur les dividendes, les intérêts, les plus-values mobilières et plusieurs autres revenus du capital. L’assurance vie n’est pas concernée : elle reste à 17,2 %, comme les revenus fonciers et les plus-values immobilières des particuliers.

Deux décisions à connaître

Ce qui a bougé en 2026 n’est pas la loi, c’est la jurisprudence sur les prélèvements sociaux au décès : le rejet du recours par le Conseil d’État le 18 février 2026, et l’admission de la déductibilité de cette dette par le tribunal judiciaire de Paris le 16 décembre 2025. Les deux sont détaillées au chapitre 3.

Quatre stratégies, et ce qu’elles rapportent vraiment

1. Verser avant 70 ans, et documenter la date

La stratégie fondamentale. Chaque euro versé avant 70 ans emporte définitivement le régime des 152 500 €, gains compris. Conservez la trace des dates de versement : en cas de contrat alimenté des deux côtés du seuil, c’est à l’assureur de ventiler, et les erreurs de ventilation existent.

2. Multiplier les bénéficiaires, jamais les contrats

Quatre bénéficiaires désignés, ce sont 610 000 € transmis sans prélèvement. Mais l’abattement est unique par bénéficiaire, tous contrats du même assuré confondus. Ouvrir trois contrats au profit de la même personne n’ouvre pas trois abattements. C’est le nombre de personnes distinctes qui compte.

3. Arbitrer vers le fonds en euros en fin de vie du contrat

Voici la stratégie que l’oubli des prélèvements sociaux empêche de voir. Les gains en unités de compte supporteront 17,2 % au décès ; ceux du fonds en euros les ont déjà supportés année après année. Sécuriser une plus-value importante vers le fonds en euros purge le prélèvement au fil de l’eau plutôt qu’en une fois, et fige le capital transmis.

Ce n’est pas un gain fiscal net, le taux est le même : c’est un arbitrage entre rendement espéré et certitude du montant transmis. Il se raisonne au cas par cas, et il n’a de sens que si le profil de risque le justifie par ailleurs.

4. Coordonner avec le PER, en connaissant le piège

Le PER assurantiel donne accès au même abattement de 152 500 € par bénéficiaire, mais selon un critère inverse de celui de l’assurance vie : c’est l’âge du titulaire au décès qui compte, pas l’âge au versement.

La conséquence est brutale. Un versement effectué sur un PER à 60 ans perd l’abattement de 152 500 € si le titulaire décède à 71 ans : la totalité de l’épargne, primes et gains compris, bascule sous l’article 757 B avec le seul abattement global de 30 500 €. L’assurance vie fige le régime au versement, le PER le rejoue au décès. Les deux enveloppes se ressemblent ; sur la transmission, elles sont opposées.

Pour aller plus loin : transmission de patrimoine de son vivant et le comparatif assurance vie ou PER.

Ce que vos bénéficiaires toucheraient réellement

Trois questions. L’outil applique les prélèvements sociaux avant l’impôt, comme le fait l’assureur, et affiche la cascade complète jusqu’au net perçu.

Étape 1 sur 3

Combien avez-vous versé, et de quel côté de 70 ans ?

Ce sont les versements, pas la valeur du contrat. Si vous n’avez jamais versé après 70 ans, laissez zéro.

Que vaut le contrat, et comment est-il investi ?

Seuls les gains des unités de compte supportent les prélèvements sociaux au décès. Ceux du fonds en euros les ont déjà payés chaque année.

Qui reçoit ?

Le calcul suppose que tous les bénéficiaires ont le même lien avec vous, et se partagent le capital à parts égales.
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Vos bénéficiaires toucheraient-ils ce que vous croyez ?

La plupart des clauses que nous relisons datent de l’ouverture du contrat et n’ont jamais été revues. C’est le document le plus court et le plus décisif de votre patrimoine.

Questions fréquentes

Les six questions que l’on nous pose le plus souvent sur la transmission d’un contrat d’assurance vie.

Quelle est la fiscalité de l’assurance vie en succession en 2026 ?

La fiscalité assurance vie succession dépend de l’âge du souscripteur au moment des versements, jamais de son âge au décès. Pour les primes versées avant 70 ans (article 990 I du CGI) : abattement de 152 500 € par bénéficiaire, puis 20 % et 31,25 % au-delà de 852 500 €. Pour les primes versées après 70 ans (article 757 B) : abattement global de 30 500 €, mais les gains sont exonérés. Le conjoint et le partenaire de PACS sont exonérés dans les deux cas. Ces montants sont inchangés en 2026.

Les bénéficiaires paient-ils des prélèvements sociaux ?

Oui, indirectement, et c’est le point le plus souvent oublié. Sur un contrat en unités de compte, 17,2 % de prélèvements sociaux sont dus sur les plus-values au décès de l’assuré (article L. 136-7, II, 3° du code de la sécurité sociale). L’assureur les retient sur la valeur du contrat avant de verser le capital. Le Conseil d’État a confirmé le 18 février 2026 que le redevable reste le souscripteur, et non le bénéficiaire, mais le montant versé est bien diminué d’autant. Sur un fonds en euros, ces prélèvements ont déjà été payés chaque année.

Une nouvelle loi a-t-elle changé la fiscalité de l’assurance vie en 2026 ?

Non. Un amendement au projet de loi de finances pour 2026 a été adopté en première lecture le 3 novembre 2025, par 120 voix contre 110, mais il n’a pas été retenu dans le texte définitif. Les abattements de 152 500 € et 30 500 € et les taux de 20 % et 31,25 % sont identiques à 2025. Attention également à une confusion fréquente : la hausse des prélèvements sociaux à 18,6 % décidée fin 2025 ne concerne pas l’assurance vie, qui reste à 17,2 %.

L’abattement de 152 500 € se cumule-t-il si j’ai plusieurs contrats ?

Non. L’abattement est unique par bénéficiaire, tous contrats du même assuré confondus. Ouvrir trois contrats au profit de la même personne n’ouvre pas trois abattements : les capitaux se cumulent pour le calcul. C’est ce que vérifie l’attestation sur l’honneur que chaque bénéficiaire doit remettre aux assureurs. Ce qui démultiplie l’avantage, c’est le nombre de bénéficiaires distincts.

L’assurance vie entre-t-elle dans la succession ?

En principe non : les capitaux sont versés directement aux bénéficiaires désignés, hors actif successoral et hors partage. Deux exceptions permettent de les y ramener : les primes manifestement exagérées au regard du patrimoine et des revenus du souscripteur, appréciées au cas par cas par le juge, et l’atteinte à la réserve héréditaire, qui ne peut toutefois être invoquée qu’en démontrant d’abord ce caractère exagéré (article L. 132-13 du code des assurances).

Vaut-il mieux verser avant ou après 70 ans ?

Avant 70 ans dans la grande majorité des cas, parce que l’abattement de 152 500 € est individuel et couvre aussi les gains. Mais le régime après 70 ans devient intéressant sur un contrat destiné à beaucoup se valoriser : seules les primes sont taxées, les gains sont exonérés sans plafond. Il perd en revanche presque tout son intérêt pour transmettre à un tiers, puisque la fraction taxable subit alors le taux de 60 %.

Thomas Reiminger, FOR-U

Écrit par Thomas Reiminger, manager marketing et relation client chez FOR-U. Relu par Laurent Hilaire, conseiller en gestion de patrimoine, qui engage l’immatriculation ORIAS n° 24004797 du cabinet.

Sources : articles 990 I, 757 B, 796-0 bis, 796-0 ter, 769 et 773 du code général des impôts ; article L. 136-7, II, 3° du code de la sécurité sociale ; article L. 132-13 du code des assurances ; Conseil d’État, 18 février 2026, n° 504077 ; tribunal judiciaire de Paris, 16 décembre 2025, n° 24/10931. Vérifié le 9 septembre 2026. Cet article est une information générale et ne constitue pas un conseil personnalisé.

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