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Protection sociale des indépendants · barèmes 2026 vérifiés à la sourceIndépendants · 2026

Prévoyance auto-entrepreneur 2026 : ce que la Sécurité sociale verse vraiment

Un auto-entrepreneur cotise pour ses indemnités journalières dès le premier euro de chiffre d’affaires. Mais sous 4 582 € de revenu annuel moyen, l’indemnité est fixée à zéro par le code de la sécurité sociale. Ce guide chiffre ce que vous toucheriez réellement, et ce qu’il resterait à couvrir.

  • Le calcul exact de vos indemnités, à partir de votre chiffre d’affaires
  • Le seuil sous lequel vous cotisez sans rien percevoir
  • Pourquoi la loi Madelin ne vous fait économiser aucun impôt
Vérifié le 18 septembre 2026Articles D.622-7, D.622-8 et R.323-1 du CSSLecture 12 min
Gratuit · 45 min

Faire chiffrer ce qui vous manquerait

Donnez-nous votre chiffre d’affaires et votre activité. Nous calculons ce que la Sécurité sociale verserait réellement pendant un arrêt, nous lisons la définition de l’incapacité et les exclusions du contrat que vous avez déjà, et nous vous disons ce qui manque.

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Demande bien reçue

Un conseiller FOR-U vous rappelle sous 24 heures ouvrées. Munissez-vous si possible du décompte de l’assureur et des dates de versement des primes : c’est la répartition avant et après 70 ans qui décide de tout.

Réponse directe

La Sécurité sociale des indépendants verse une indemnité journalière égale à 1/730e de votre revenu annuel moyen des trois dernières années, à partir du quatrième jour d’arrêt, et plafonnée à 65,84 € par jour en 2026. Pour un auto-entrepreneur, ce revenu n’est pas le chiffre d’affaires : c’est le chiffre d’affaires diminué de l’abattement forfaitaire de son activité, soit 71 % en vente, 50 % en prestations de services et 34 % en libéral.

En dessous de 4 582 € de revenu annuel moyen, l’indemnité journalière est nulle. Pas réduite : nulle. L’article D622-8 du code de la sécurité sociale fixe ce plancher à 10 % de la moyenne des plafonds de la sécurité sociale des trois années considérées. Traduit en chiffre d’affaires, cela représente environ 15 800 € en vente de marchandises, 9 165 € en prestations de services et 6 945 € en activité libérale. En dessous, vous payez vos cotisations et un arrêt de travail ne vous ouvrirait droit à aucun versement.

Le délai de carence est de trois jours, hospitalisation comprise. C’est le point sur lequel presque tous les guides sont restés au droit d’avant. L’ancien régime des artisans et commerçants figurait à l’article D613-19 du code de la sécurité sociale : il prévoyait une carence de sept jours pour les arrêts courts, ramenée à trois jours pour les arrêts de plus d’une semaine ou en cas d’hospitalisation. Ce texte a été abrogé le 25 mai 2020 par le décret n° 2020-621. Le point de départ au quatrième jour résulte aujourd’hui du 1° de l’article R323-1, rendu applicable aux indépendants par l’article D622-11.

Attention à l’idée reçue inverse : une hospitalisation n’a jamais supprimé la carence. Elle la raccourcissait, avant 2020, et elle ne change plus rien aujourd’hui. Les seules situations qui suppriment réellement le délai sont limitativement prévues : la prolongation d’un arrêt après une reprise de 48 heures au plus, le deuxième arrêt et les suivants pour une même affection de longue durée sur trois ans (article R323-1, 1°), l’interruption spontanée de grossesse et l’interruption médicale de grossesse (article L323-1-2, issu de la loi du 26 décembre 2023), et le premier arrêt suivant le décès d’un enfant de moins de 25 ans (article L323-1-1). S’y ajoute, pour les indépendants seulement, la règle de l’article D622-5 : lorsque plusieurs arrêts découlent d’un même accident, la carence n’est décomptée qu’une fois.

La loi Madelin ne vous fera économiser aucun impôt tant que vous êtes au régime micro-fiscal. Rien ne vous interdit de souscrire un contrat, mais la déduction des cotisations suppose un bénéfice déterminé au réel, ce que l’article 154 bis du code général des impôts exige. Or les articles 50-0 et 102 ter fixent votre bénéfice à votre chiffre d’affaires diminué d’un abattement forfaitaire, réputé couvrir déjà l’ensemble de vos frais professionnels et vos cotisations sociales.

Ce qu’il reste à couvrir se mesure, il ne s’estime pas. Le simulateur plus bas part de votre chiffre d’affaires, applique votre abattement, retire les trois jours de carence et affiche ce qui manquerait chaque jour. C’est cette somme, et non un tarif moyen, qui détermine le niveau d’indemnité à souscrire.

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Écrit par Thomas ReimingerRelu par Laurent Hilaire, conseiller en gestion de patrimoine, cabinet FOR-U à Villeneuve-d’Ascq, immatriculé à l’ORIAS sous le numéro 24004797. Articles D.622-7, D.622-8, D.622-11 et R.323-1 du code de la sécurité sociale, décret n° 2020-621 du 22 mai 2020, articles 154 bis, 50-0 et 102 ter du code général des impôts, barèmes ameli.fr au 1ᵉʳ janvier 2026 vérifiées le 18 septembre 2026.
0 €l’indemnité journalière sous 4 582 € de revenu annuel moyen
÷ 730la formule de calcul, à partir du revenu après abattement
65,84 €le plafond journalier en 2026, atteint dès 48 060 € de revenu
3 joursde carence, hospitalisation comprise depuis l’abrogation de 2020

Ce que la Sécurité sociale verse à un auto-entrepreneur

Un auto-entrepreneur est couvert pour ses frais de santé comme un salarié. Pour ses revenus, il ne l’est presque pas, et c’est là que se joue toute la question de la prévoyance auto-entrepreneur.

L’indemnité journalière se calcule en trois temps. D’abord le revenu retenu : votre chiffre d’affaires des trois dernières années civiles, diminué de l’abattement forfaitaire de votre activité, puis moyenné. Ensuite la division par 730, prévue à l’article D622-7 du code de la sécurité sociale. Enfin deux bornes : un plafond à 65,84 € par jour en 2026, et un plancher en dessous duquel l’indemnité tombe à zéro.

Ce plancher est le point que personne ne relaie. L’article D622-8 fixe l’indemnité à zéro lorsque le revenu annuel moyen est inférieur à 10 % de la moyenne des plafonds de la sécurité sociale des trois années considérées, soit 4 582 € pour un arrêt commençant en 2026. Vous cotisez, et vous ne percevez rien.

Seuil de chiffre d’affaires sous lequel l’indemnité journalière est nulle en 2026
Votre activitéAbattementRevenu retenuChiffre d’affaires plancher
Vente de marchandises, hébergement71 %29 % du chiffre d’affairesenviron 15 800 €
Prestations de services (BIC)50 %50 % du chiffre d’affairesenviron 9 165 €
Activité libérale (BNC)34 %66 % du chiffre d’affairesenviron 6 945 €

Les seuils de chiffre d’affaires du tableau ci-dessus sont une conversion, et non un chiffre publié comme tel par l’administration : l’article D622-8 raisonne en revenu après abattement. Ils donnent l’ordre de grandeur à partir duquel une indemnité commence à exister.

Trois jours de carence, hospitalisation comprise

La règle qui circule encore partout, sept jours en maladie et trois en hospitalisation, vient de l’article D613-19 du code de la sécurité sociale, abrogé le 25 mai 2020 par le décret n° 2020-621. Et même avant cette date, l’hospitalisation ne supprimait pas la carence : elle la ramenait de sept à trois jours. Aujourd’hui le point de départ est le quatrième jour dans tous les cas.

Les seules situations qui suppriment réellement le délai sont limitativement prévues par les textes : la prolongation d’un arrêt après une reprise de 48 heures au plus, les arrêts suivants pour une même affection de longue durée sur trois ans, l’interruption spontanée ou médicale de grossesse depuis la loi du 26 décembre 2023, et le premier arrêt suivant le décès d’un enfant de moins de 25 ans. Pour un indépendant s’y ajoute l’article D622-5 : quand plusieurs arrêts découlent d’un même accident, la carence n’est décomptée qu’une seule fois.

Enfin, la durée compte autant que le montant. Le versement est limité à 360 indemnités journalières sur trois ans pour une maladie ordinaire, porté à trois ans en affection de longue durée. Une pathologie longue sort donc du champ de l’indemnité journalière pour basculer vers l’invalidité, avec un montant très inférieur.

Ce qui manque réellement, et comment le chiffrer

Le raisonnement courant consiste à comparer un tarif d’assurance à un budget. C’est l’inverse qu’il faut faire : mesurer d’abord le trou, puis regarder ce qu’il coûte de le combler.

Prenons un prestataire de services déclarant 35 000 € de chiffre d’affaires. Après l’abattement de 50 %, son revenu retenu est de 17 500 €. Divisé par 730, cela donne 23,97 € par jour. Sur un arrêt d’un mois, il touchera 27 jours indemnisés, soit environ 647 €, alors que son activité lui rapportait près de 1 458 € sur la même période. Il manque 811 €, et les charges fixes du foyer, elles, n’ont pas bougé.

Le même raisonnement appliqué à un artisan à 15 000 € de chiffre d’affaires donne un résultat brutal : revenu retenu de 4 350 €, donc sous le seuil, donc zéro euro d’indemnité. Mille euros de chiffre d’affaires supplémentaires suffisent à faire apparaître une indemnité. C’est l’effet de seuil le plus mal connu du régime.

Le simulateur ci-dessous fait ce calcul avec vos chiffres. Il applique votre abattement, retire les trois jours de carence, plafonne à 65,84 € et affiche ce qui manquerait chaque jour. C’est ce montant quotidien, et non un tarif moyen, qui détermine le niveau d’indemnité à souscrire dans un contrat.

Ce que vous toucheriez vraiment pendant un arrêt

Un auto-entrepreneur ne connaît pas son « revenu » au sens de la Sécurité sociale : il connaît son chiffre d’affaires. C’est donc le point de départ. L’outil applique l’abattement de votre activité, retire les trois jours de carence, plafonne à 65,84 € et affiche ce qui manque.

Votre activité

Vos chiffres

35 000 €
30 jours
23,97 €
par jour indemnisé
647 €
versé par la Sécurité sociale
811 €
ce qui vous manque

Revenu retenu par la Sécurité sociale : 17 500 €. Il vous manquerait 27 € par jour d’arrêt.

Calcul indicatif fondé sur les paramètres 2026 : plafond de la sécurité sociale de 48 060 €, indemnité plafonnée à 65,84 €, carence de trois jours, seuil d’annulation à 4 582 € (articles D622-7 et D622-8 du code de la sécurité sociale). Il suppose une activité stable sur les trois dernières années, le revenu retenu étant la moyenne des trois années civiles précédentes. Un bilan FOR-U part de vos avis d’imposition réels.

Faire chiffrer mon cas

Les trois garanties d’une prévoyance auto-entrepreneur

L’indemnité journalière, pour l’arrêt de travail

Elle complète celle de la Sécurité sociale, ou la remplace entièrement quand celle-ci est nulle. Deux réglages comptent plus que le montant affiché : la franchise, c’est-à-dire le nombre de jours avant le premier versement, et la définition de l’incapacité retenue par le contrat. Une incapacité appréciée au regard de votre profession précise vous couvre bien mieux qu’une incapacité appréciée au regard de toute activité.

La rente d’invalidité, pour l’incapacité durable

C’est la garantie la plus sous-estimée, parce qu’on imagine mal le cas. Le régime obligatoire verse une pension calculée sur vos meilleures années, avec un plancher et un plafond, très loin de votre revenu réel si celui-ci est correct. La rente du contrat comble l’écart. Vérifiez le barème utilisé : un barème professionnel tient compte de votre métier, un barème fonctionnel ne regarde que votre capacité à vivre de façon autonome.

Le capital décès, pour vos proches

Le régime obligatoire verse un capital forfaitaire de 9 612 € en 2026, soit 20 % du plafond de la sécurité sociale, auquel s’ajoute 2 403 € par enfant. Ce capital est forfaitaire : il ne dépend pas de vos revenus, donc il ne les remplace pas. Un contrat de prévoyance exprime en général le sien en années de revenu, ce qui correspond à la vraie question posée à vos proches.

Couverture du régime obligatoire comparée à celle d’un contrat de prévoyance en 2026
GarantieSécurité sociale seuleAvec une prévoyance auto-entrepreneur
Indemnité journalière0 à 65,84 €/j, à partir du 4ᵉ jour, nulle sous 4 582 € de revenu150 à 300 €/j possibles, franchise au choix dès le 1ᵉʳ jour
InvaliditéPension plafonnée, calculée sur les meilleures annéesRente complétant jusqu’à 70 à 100 % du revenu net
DécèsCapital forfaitaire de 9 612 €Capital exprimé en années de revenu, souvent 3 à 5 ans
Durée de versement360 jours sur 3 ans en maladie ordinaireJusqu’à 1 095 jours selon les contrats
Délai de carence3 jours, hospitalisation comprise0 à 90 jours, choisi à la souscription

Loi Madelin : pourquoi la déduction ne marche pas en micro

C’est l’argument que l’on vous opposera le plus souvent, et il est faux dans neuf cas sur dix. Rien ne vous interdit de souscrire un contrat Madelin en micro-entreprise. Ce que vous ne pouvez pas faire, c’est en déduire les cotisations.

La raison tient en deux textes qui se complètent. L’article 154 bis du code général des impôts ouvre la déduction « pour la détermination des bénéfices industriels et commerciaux et des bénéfices des professions non commerciales », et calcule son plafond sur le bénéfice imposable. Il suppose donc un bénéfice déterminé au réel, par différence entre les recettes et les charges.

Or les articles 50-0 et 102 ter fixent votre bénéfice autrement : c’est votre chiffre d’affaires diminué d’un abattement forfaitaire de 71 %, 50 % ou 34 %. L’administration le dit sans ambiguïté sur impots.gouv.fr : le micro-entrepreneur déclare son chiffre d’affaires et non son résultat net, et ne déduit pas ses charges professionnelles pour leur montant réel. L’abattement est réputé couvrir l’ensemble de ces frais, cotisations sociales comprises.

Déduire en plus une cotisation Madelin reviendrait donc à déduire deux fois la même charge. La conséquence pratique est simple : au régime micro-fiscal, vous payez votre cotisation de prévoyance nette, sans aucun avantage fiscal.

Ce que change une option pour le régime réel

Si vous optez pour un régime réel, BIC réel simplifié ou déclaration contrôlée en BNC, l’article 154 bis redevient applicable. La déduction est alors plafonnée à 7 % du plafond de la sécurité sociale augmentés de 3,75 % du bénéfice imposable, le total ne pouvant excéder 3 % de huit plafonds. Cet arbitrage dépasse la seule prévoyance et se décide avec votre expert-comptable : il change aussi le traitement de vos charges réelles et vos obligations déclaratives.

Les seuils du régime micro pour 2026 sont de 203 100 € pour la vente de marchandises et l’hébergement, et de 83 600 € pour les prestations de services et les activités libérales. Au-delà, le passage au réel n’est plus un choix, et la déduction s’ouvre par la même occasion.

Combien coûte une prévoyance auto-entrepreneur en 2026

Les fourchettes ci-dessous correspondent aux devis que nous instruisons couramment pour des indépendants des Hauts-de-France, garanties indemnité journalière, invalidité et décès réunies. Elles varient surtout selon trois paramètres : l’âge, le niveau d’indemnité souhaité et la franchise retenue.

Ordres de prix observés en 2026 selon le profil professionnel
ProfilÂgeRevenu annuelCotisation mensuelleGaranties
Freelance technique ou conseil28 ans35 000 €25 à 55 €IJ 60 €/j, invalidité, décès
Artisan, commerçant38 ans28 000 €40 à 70 €IJ 80 €/j, invalidité, décès
Consultant confirmé45 ans65 000 €90 à 150 €IJ 150 €/j, invalidité, décès
Profession libérale52 ans80 000 €180 à 280 €IJ 200 €/j, invalidité, décès

L’âge pèse davantage que le métier, parce qu’il conditionne à la fois la probabilité d’un arrêt et la durée pendant laquelle le contrat vous couvrira.

Niveau de protection conseillé selon la tranche d’âge
Tranche d’âgeCotisation indicativeNiveau de protectionPriorité
Moins de 30 ans17 à 35 €/moisCapital décès et indemnité journalière de baseCouvrir l’essentiel à budget contenu
30 à 45 ans35 à 80 €/moisMaintien de revenu et invaliditéProtéger le foyer et les échéances de crédit
45 à 60 ans80 à 180 €/moisGaranties renforcées, invalidité totalePrivilégier un tarif non évolutif avec l’âge
Plus de 60 ans150 à 280 €/moisDécès prioritaireContrat à prime fixe sur durée résiduelle

La franchise, le réglage qui change le prix

La franchise est le nombre de jours d’arrêt pendant lesquels le contrat ne verse rien. C’est la variable la plus efficace pour ajuster une cotisation, et la plus mal réglée en pratique.

  • 15 à 30 jours si vous n’avez pas de trésorerie d’avance. La Sécurité sociale ne verse rien avant le quatrième jour : à partir du huitième, le relais du contrat est rapide.
  • 60 à 90 jours si vous disposez de plusieurs mois de charges en réserve. La cotisation baisse souvent de 30 à 40 %, et le contrat se recentre sur les arrêts longs, qui sont les seuls réellement dangereux.
  • Moins de 15 jours uniquement si votre activité génère des charges lourdes et incompressibles : loyer professionnel, crédit-bail, salaires.

Une précaution pratique : la franchise du contrat et la carence de la Sécurité sociale sont deux choses distinctes, qui ne se déclenchent pas au même moment. Une franchise de 90 jours ne vous protège pas d’un arrêt de trois semaines, quand bien même la Sécurité sociale, elle, aurait commencé à verser dès le quatrième jour.

Vérifiez également si la franchise est réduite ou supprimée en cas d’hospitalisation : beaucoup de contrats le prévoient, et c’est un vrai différenciant sur un arrêt brutal.

Grossesse et professions libérales : deux cas à part

Grossesse et maternité

Le régime obligatoire prévoit une allocation forfaitaire de repos maternel de 4 005 € en 2026, soit un plafond mensuel de la sécurité sociale, et des indemnités journalières plafonnées à 65,84 €, sous réserve de six mois d’affiliation et d’une cessation d’activité d’au moins huit semaines dont six après l’accouchement. Sous 4 582 € de revenu annuel moyen, ces montants sont réduits à 10 %.

Un contrat de prévoyance intervient dans deux situations que le régime obligatoire ne couvre pas correctement : un arrêt prescrit avant le congé légal, et une grossesse pathologique, prise en charge comme une maladie ordinaire.

Le point à vérifier avant de signer

Beaucoup de contrats excluent la grossesse, ou imposent un délai d’attente de neuf à douze mois après l’adhésion. Si une grossesse est envisagée à moyen terme, c’est la première clause à faire lire, avant même le montant de l’indemnité.

Professions libérales et CIPAV

Depuis le 1ᵉʳ janvier 2019, un micro-entrepreneur exerçant une activité libérale non réglementée relève du régime général des indépendants, et non de la CIPAV. Seuls les créateurs antérieurs à cette date, et les professions réglementées listées par la caisse, y restent rattachés. Le droit d’option vers la Sécurité sociale des indépendants, ouvert par le décret du 13 décembre 2019, s’est refermé le 31 décembre 2023 : ce choix n’est plus possible.

Les libéraux rattachés à la CIPAV bénéficient d’indemnités journalières depuis le 1ᵉʳ juillet 2021. Leur revenu est retenu dans la limite de trois plafonds de la sécurité sociale, ce qui porte l’indemnité maximale théorique à 197,51 € par jour. Ce plafond est hors d’atteinte en micro-entreprise : il supposerait un revenu retenu de 144 180 €, donc un chiffre d’affaires très au-delà du plafond de 83 600 €. Au maximum du régime micro, l’indemnité ressort autour de 75 € par jour.

La vraie différence est ailleurs, et elle est défavorable : pour les assurés relevant de la CIPAV, l’article D622-12 du code de la sécurité sociale limite le versement à une durée maximale par arrêt, là où les autres indépendants disposent de 360 jours sur trois ans. C’est précisément sur les arrêts longs que le besoin de couverture complémentaire devient le plus objectivable.

Questions fréquentes sur la prévoyance auto-entrepreneur

Un auto-entrepreneur peut-il se mettre en arrêt maladie ?

Oui. Le micro-entrepreneur cotise obligatoirement pour ses indemnités journalières, et y a droit après douze mois d’affiliation continue. Le versement commence au quatrième jour d’arrêt, après trois jours de carence. Le montant vaut 1/730e du revenu annuel moyen des trois dernières années civiles, plafonné à 65,84 € par jour en 2026. Un point souvent ignoré : sous 4 582 € de revenu annuel moyen, l’article D622-8 du code de la sécurité sociale fixe cette indemnité à zéro.

Quel est le prix moyen d’une prévoyance auto-entrepreneur ?

Entre 25 et 280 € par mois pour des garanties complètes réunissant l’indemnité journalière, l’invalidité et le décès. Un freelance de 30 ans se situe généralement entre 25 et 55 €, un indépendant de 45 ans entre 90 et 150 €. Trois paramètres expliquent l’essentiel de l’écart : l’âge, le niveau d’indemnité journalière souscrit et la franchise retenue. Allonger la franchise de 30 à 90 jours réduit souvent la cotisation de 30 à 40 %.

La loi Madelin permet-elle de déduire une prévoyance auto-entrepreneur ?

Pas au régime micro-fiscal. Rien ne vous empêche de souscrire un contrat Madelin, mais vous ne pourrez pas en déduire les cotisations. L’article 154 bis du code général des impôts réserve cette déduction à un bénéfice déterminé au réel, quand les articles 50-0 et 102 ter fixent le vôtre à votre chiffre d’affaires diminué d’un abattement forfaitaire, réputé couvrir déjà vos frais professionnels et vos cotisations sociales. La déduction redevient possible si vous optez pour un régime réel d’imposition.

Quelle franchise choisir pour sa prévoyance auto-entrepreneur ?

Quinze à trente jours si vous n’avez pas de trésorerie d’avance, soixante à quatre-vingt-dix jours si vous disposez de plusieurs mois de charges en réserve. Attention à ne pas confondre la franchise du contrat avec la carence de la Sécurité sociale : ce sont deux mécanismes distincts, qui ne se déclenchent pas au même moment. Vérifiez aussi si la franchise est réduite en cas d’hospitalisation, ce que beaucoup de contrats prévoient.

Une hospitalisation supprime-t-elle le délai de carence ?

Non, et elle ne l’a jamais fait. L’ancien article D613-19 du code de la sécurité sociale, applicable aux artisans et commerçants, ramenait la carence de sept à trois jours en cas d’hospitalisation ou d’arrêt de plus d’une semaine. Il ne la supprimait pas, et il a été abrogé le 25 mai 2020 par le décret n° 2020-621. Depuis, le délai est de trois jours dans tous les cas. Certains contrats de prévoyance, en revanche, suppriment leur propre franchise en cas d’hospitalisation.

La prévoyance auto-entrepreneur couvre-t-elle le burn-out ?

Cela dépend entièrement du contrat. Les affections psychiques figurent parmi les exclusions les plus fréquentes, ou font l’objet de conditions particulières, par exemple une hospitalisation préalable d’une durée minimale. C’est l’une des clauses à faire lire avant de signer, au même titre que les pathologies du dos. Certains contrats les couvrent sans condition, d’autres les excluent purement et simplement.

Un accident de travail est-il couvert pour un auto-entrepreneur ?

Il n’existe pas de branche accidents du travail obligatoire pour les travailleurs indépendants. Un accident survenu dans le cadre professionnel est donc traité comme un accident de la vie ordinaire, avec la même carence de trois jours et les mêmes plafonds. C’est une différence majeure avec un salarié, dont les indemnités démarrent dès le premier jour qui suit l’arrêt. Certains contrats de prévoyance prévoient une garantie accident renforcée, avec une franchise réduite ou supprimée.

Faut-il une prévoyance quand on cumule avec un emploi salarié ?

Souvent moins, mais rarement pas du tout. Si votre activité salariée constitue l’essentiel de vos revenus et que votre convention collective prévoit un maintien de salaire, le besoin porte surtout sur l’invalidité et le décès. Si l’activité indépendante représente une part significative de vos revenus, elle reste à couvrir : les indemnités des deux régimes ne se cumulent pas librement, et la prévoyance du conjoint ne couvre pas votre perte de revenu à vous.

FOR-U propose-t-il un bilan prévoyance à Lille ?

Oui. Le cabinet FOR-U est établi à Villeneuve-d’Ascq et intervient sur toute la métropole lilloise, en rendez-vous ou en visioconférence. Le bilan part de vos avis d’imposition réels pour chiffrer ce que la Sécurité sociale verserait dans votre cas, puis compare les contrats disponibles sur ce besoin précis. FOR-U est immatriculé à l’ORIAS sous le numéro 24004797.

Un capital reçu se vérifie, il ne se subit pas

Entre les prélèvements sociaux retenus par l’assureur, la ventilation entre les deux régimes et l’abattement déjà consommé ailleurs, l’écart entre le capital affiché et ce qui arrive sur votre compte est rarement mince. Nous refaisons le calcul, nous vérifions les délais de l’assureur, et nous vous disons ce que vous pouvez exiger.

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