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Contrat Madelin : trois enveloppes, et deux changements en 2026

Les plafonds n’ont pas bougé, mais deux règles si. La déduction retraite s’arrête au 70e anniversaire, et l’assiette sociale des indépendants a changé au 1er janvier. Presque aucun guide n’a intégré les deux, et le premier ne touche que la retraite.

  • Prévoyance et mutuelle partagent une seule enveloppe
  • Ce qui dépasse un plafond est bloqué sans déduction, jamais reporté
  • Aucun chiffre avancé ici sans l’article de loi qui le fonde
Vérifié le 10 septembre 2026Article 154 bis du CGILecture 12 min
Gratuit · 45 min

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48 060 €plafond annuel de la sécurité sociale, base de tous les calculs
88 911 €plafond retraite maximal, atteint à 384 480 € de bénéfice
70 ansfin de la déduction retraite, la prévoyance reste ouverte
26 %d’abattement sur la nouvelle assiette sociale des indépendants

Le contrat Madelin en une page

Le contrat Madelin n’est pas un produit, c’est un cadre fiscal. Créé par la loi du 11 février 1994, il permet à un travailleur non salarié au régime réel de déduire de son bénéfice imposable les cotisations versées sur des contrats de protection sociale complémentaire, comme des charges professionnelles ordinaires.

Il répare une inégalité ancienne : avant 1994, un salarié bénéficiait d’une couverture d’entreprise déductible, un indépendant devait payer la sienne sur ses revenus nets.

Trois enveloppes, pas une

C’est le point que la plupart des guides traitent mal, et qui coûte le plus cher : les déductions ne se calculent pas sur un plafond unique.

  • Prévoyance et mutuelle santé partagent une seule et même enveloppe. C’est l’oubli le plus fréquent, parce que les deux contrats sont souscrits séparément et souvent chez deux assureurs différents.
  • La retraite, ancien contrat Madelin ou PER, dispose de sa propre enveloppe, de loin la plus large.
  • La perte d’emploi a une troisième enveloppe, distincte, et beaucoup plus étroite.

Et aucune de ces trois enveloppes n’est reportable. Ce qui n’est pas utilisé au 31 décembre est définitivement perdu, contrairement au plafond d’épargne retraite des salariés. C’est ce qui rend le calibrage annuel décisif.

Qui peut en bénéficier

  • Artisans et commerçants affiliés au régime des indépendants.
  • Professions libérales, qu’elles relèvent d’une caisse propre ou du régime général des indépendants.
  • Gérants majoritaires de SARL relevant de l’article 62 du code général des impôts.
  • Entrepreneurs individuels au régime réel, en bénéfices industriels et commerciaux ou en bénéfices non commerciaux.
  • Conjoints collaborateurs, qui partagent le plafond de leur conjoint exploitant.
La condition qui élimine le plus de monde

Le régime micro est incompatible. Un micro-entrepreneur ne peut déduire aucune de ces cotisations tant qu’il relève du micro-BIC ou du micro-BNC, puisque son bénéfice est déterminé forfaitairement.

Article 154 bis du code général des impôts. Le passage au réel peut être avantageux, mais il se calcule : il dépend du niveau de charges réelles, pas seulement de l’accès à ces déductions.

Contrat Madelin et seuil des 70 ans : ce qui change en 2026

C’est la première nouveauté de l’année, et elle ne touche qu’une des trois enveloppes.

Le texte

Les versements effectués au titre de l’épargne retraite à compter du 70e anniversaire du titulaire ne sont plus déductibles du revenu imposable. La mesure vise tous les plans, y compris les versements des travailleurs non salariés et les anciens contrats de retraite Madelin.

Loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026. L’administration a précisé que c’est la date exacte de l’anniversaire qui compte, et non l’année civile : une personne née en novembre peut verser de manière déductible jusqu’au jour de ses 70 ans.

Ce qui n’est pas touché, et personne ne le dit

Le texte porte sur l’épargne retraite. La prévoyance et la mutuelle santé ne sont pas de l’épargne retraite : ce sont des garanties de protection, régies par leurs propres règles de déduction. Elles restent intégralement déductibles après 70 ans.

La conséquence pratique est importante, et elle inverse le conseil habituel. Un indépendant de 72 ans qui poursuit son activité conserve une enveloppe de plusieurs milliers d’euros sur la prévoyance et la mutuelle, alors que la plupart des articles lui expliquent que « le Madelin, c’est fini ».

Un artisan indépendant dans son atelier, profil type du travailleur non salarié concerné par le contrat Madelin
Le chiffre qui commande tout est le bénéfice imposable avant déduction de ces cotisations. Il figure dans votre liasse, pas sur vos relevés bancaires, et lui seul détermine vos trois plafonds.

Le réflexe à avoir avant 70 ans. Le plafond retraite n’étant pas reportable, il n’y a rien à rattraper après coup. Les années qui précèdent l’anniversaire sont les dernières où cette enveloppe existe, et vérifier la date exacte peut valoir un plafond entier.

Ce qui change en 2026 : l’assiette sociale des indépendants

C’est la seconde nouveauté qui touche le contrat Madelin, et elle est passée presque inaperçue alors qu’elle concerne tous les indépendants, pas seulement ceux qui approchent 70 ans.

Au 1er janvier 2026, les deux assiettes qui coexistaient pour le calcul des cotisations sociales ont été remplacées par une assiette unique, le revenu brut social. Il correspond au chiffre d’affaires diminué des charges d’exploitation, sans déduction des cotisations sociales ni de la contribution sociale déductible.

Le mécanisme

Un abattement forfaitaire de 26 % est appliqué par l’URSSAF sur le revenu brut social déclaré. Vous ne l’appliquez pas vous-même : vous déclarez le brut, l’abattement est calculé en aval.

Cet abattement est encadré par un plancher de 845,86 € et un plafond de 62 478 € pour 2026.

Réforme issue de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2024, n° 2023-1250 du 26 décembre 2023, dont l’entrée en vigueur a été reportée au 1er janvier 2026.

Ce que cela change pour vos cotisations Madelin

Sous l’ancien régime, les cotisations facultatives déduites du bénéfice étaient réintégrées dans l’assiette sociale par un jeu d’ajustements. Le nouveau mécanisme est plus direct : elles ne sont tout simplement pas déductibles du revenu brut social.

Le résultat pratique ne change pas : votre économie fiscale ne se double pas d’une économie sociale. Vous déduisez de l’impôt sur le revenu, pas des cotisations. C’est la nuance que les présentations commerciales omettent le plus souvent, en présentant la déduction comme un allègement global.

L’équilibre d’ensemble. La réforme a été calibrée pour maintenir un niveau de prélèvement équivalent : la contribution sociale baisse nettement, les cotisations maladie et retraite augmentent en compensation. Les droits à la retraite complémentaire s’en trouvent mécaniquement améliorés. Ce n’est donc ni une hausse ni une baisse, mais un déplacement.

Vos trois plafonds, et ce qui dépasse

Les calculateurs de contrat Madelin que l’on trouve en ligne donnent un plafond. Il en faut trois, et surtout il faut savoir ce que vous versez déjà dans chacun : c’est là que se trouvent les euros perdus.

L’outil ci-dessous calcule les trois enveloppes, y place vos cotisations actuelles, et signale ce qui dépasse comme ce qui dort. Il tient compte du seuil des 70 ans, en ne l’appliquant qu’à la retraite.

Le calcul se fait dans votre navigateur. Rien n’est transmis, rien n’est enregistré.

La prévoyance : l’enveloppe la plus utile

C’est le volet du contrat Madelin qui protège immédiatement, et celui que l’on repousse le plus souvent. Le régime obligatoire des indépendants couvre peu.

Ce que le régime obligatoire laisse à découvert

  • Arrêt de travail : l’indemnité journalière se calcule sur un revenu annuel moyen plafonné à un plafond de sécurité sociale, soit 65,84 € brut par jour au maximum en 2026. Pour un libéral à fort chiffre d’affaires, l’écart avec le revenu réel est considérable.
  • Invalidité : la pension ne couvre qu’une fraction du revenu annuel moyen, et la définition retenue par le régime obligatoire n’est pas celle des contrats privés.
  • Décès : le capital versé représente 9 612 € en 2026, soit 20 % du plafond annuel. C’est symbolique au regard des besoins d’une famille.

La clause qui décide vraiment. Ce n’est pas le tarif, c’est la définition de l’incapacité. Un contrat qui indemnise l’impossibilité d’exercer votre profession n’a rien à voir avec un contrat qui exige l’impossibilité d’exercer toute profession. Deux contrats au même prix peuvent donner deux résultats opposés le jour de l’arrêt.

Le calcul du plafond

L’enveloppe est de 3,75 % du bénéfice imposable, majorés de 7 % du plafond annuel de la sécurité sociale, le tout borné à 3 % de huit plafonds, soit 11 534 €. Sur un bénéfice de 60 000 €, cela donne 5 614 €.

Et cette enveloppe est partagée avec la mutuelle. Un indépendant qui verse 4 000 € de prévoyance et 2 000 € de mutuelle doit vérifier que les 6 000 € tiennent dans le plafond calculé sur son bénéfice.

La retraite : l’enveloppe la plus large, et ses piges

C’est le volet du contrat Madelin le plus avantageux sur le papier, et celui où l’on perd le plus d’argent par mauvais calibrage.

Le calcul

Le plafond retient 10 % du bénéfice dans la limite de huit plafonds annuels, majorés de 15 % de la fraction comprise entre un et huit plafonds. Un plancher de 10 % du plafond annuel, soit 4 806 €, s’applique aux bénéfices modestes.

Le plafond de 88 911 € est souvent mal présenté. Il n’est atteint qu’à partir d’un bénéfice de 384 480 €, soit huit plafonds annuels. En dessous d’un bénéfice égal à un plafond, c’est le plancher de 4 806 € qui s’applique. Comparer ce chiffre au plafond des salariés sans préciser à quel niveau de revenu il correspond n’a pas de sens.

Ancien contrat ou PER : ce qui diffère vraiment

Depuis octobre 2020, les nouveaux contrats de retraite Madelin ne sont plus commercialisés. Les anciens restent actifs et alimentables. Les plafonds sont les mêmes, les modalités non.

Ancien contrat Madelinsouscrit avant octobre 2020RenteVersements réguliers imposés, avec un rapport encadré entre cotisation minimale et maximale. Sortie en rente viagère uniquement, pas de déblocage pour la résidence principale.
PER individueldepuis octobre 2020Capital ou renteVersements libres, sortie en capital, en rente ou en mixte, et déblocage anticipé possible pour l’acquisition de la résidence principale. Transfert de l’ancien contrat possible à tout moment.

Ce que la déduction coûte à la sortie

La déduction retraite n’est pas un gain, c’est un report. Le capital correspondant aux versements déduits revient au barème de l’impôt sur le revenu à la sortie, sans l’abattement de 10 %, et les gains supportent un prélèvement forfaitaire passé à 31,4 % en 2026, les prélèvements sociaux étant portés de 17,2 % à 18,6 %.

L’opération n’est gagnante que si votre tranche à la retraite est inférieure à celle d’aujourd’hui. C’est fréquent chez les indépendants, dont les revenus chutent souvent à la cessation, mais ce n’est pas automatique. Le comparatif détaillé avec l’assurance vie chiffre les deux cas.

Et l’erreur qui coûte le plus cher : verser au-delà du plafond. L’excédent n’est pas déduit, il n’est pas reporté, et il reste bloqué jusqu’à la retraite. Pire, il expose à une double imposition à la sortie si le suivi des versements non déduits n’est pas tenu contrat par contrat. Sur un bénéfice inférieur à un plafond annuel, le risque est maximal : l’enveloppe tombe à 4 806 € alors que les conseils génériques parlent en dizaines de milliers.

La mutuelle et la perte d’emploi

La mutuelle santé

Les cotisations d’une complémentaire santé souscrite à titre professionnel se déduisent, dans l’enveloppe partagée avec la prévoyance. Le contrat doit être « responsable », c’est-à-dire respecter un cahier des charges réglementaire sur les niveaux de prise en charge.

Un point de vigilance rarement soulevé : certains régimes professionnels incluent déjà une couverture santé obligatoire. Vérifier ce qui est déjà acquis évite de payer deux fois pour la même garantie, et de saturer inutilement une enveloppe qui serait plus utile en prévoyance.

La perte d’emploi

C’est le volet le moins souscrit, et le plus étroit. Son plafond retient le plus élevé de 1,875 % du bénéfice ou 2,5 % du plafond annuel, ce qui donne un minimum de 1 201 € et un maximum de 7 209 €.

Cette enveloppe est distincte des deux autres : la consommer n’entame ni la prévoyance, ni la retraite. Les contrats disponibles sont peu nombreux et leurs conditions d’indemnisation strictes, notamment sur le caractère involontaire de la cessation.

Bien déclarer : la confusion la plus fréquente

Chaque année, l’assureur de votre contrat Madelin vous adresse une attestation indiquant le montant des cotisations déductibles versées. Ce document est à conserver, et il ne se reporte pas où l’on croit.

L’erreur classique

Les cotisations relévant de l’article 154 bis ne se déclarent pas dans la rubrique épargne retraite de la déclaration de revenus. Elles se déduisent directement du bénéfice, dans la liasse professionnelle.

Les cases de la déclaration complémentaire servent au suivi de votre disponible d’épargne retraite, pas à la déduction elle-même. Les y porter revient à déduire deux fois, ce que l’administration rectifie.

La déduction s’opère dans la liasse, le suivi dans la déclaration de revenus. Les deux ne se remplacent pas.

Les trois conditions qui restent à vérifier chaque année

  • Être à jour de ses cotisations sociales obligatoires. La déduction des cotisations facultatives le suppose. Un retard non régularisé peut la remettre en cause.
  • Des versements réguliers, pour les anciens contrats retraite. Une suspension prolongée fait perdre le bénéfice du cadre, et le rapport entre cotisation minimale et maximale prévu au contrat borne votre marge de manœuvre si votre bénéfice varie.
  • L’exercice effectif de l’activité. En cas de cessation, de passage en société soumise à l’impôt sur les sociétés ou de départ à la retraite, les versements ultérieurs sortent du cadre.

Contrat Madelin : dans quel ordre remplir les trois enveloppes

Quand on parle de contrat Madelin, la question n’est presque jamais posée, et c’est pourtant la seule qui compte quand la capacité d’épargne est limitée.

1. La prévoyance d’abord

Elle protège maintenant. Un arrêt de travail de six mois à 65,84 € par jour ruine une trésorerie d’indépendant avant que la question de la retraite ne se pose. Et son coût est faible rapporté à l’enveloppe disponible.

2. La mutuelle ensuite, dans ce qui reste

Puisqu’elle partage la même enveloppe, elle vient après, une fois la prévoyance calibrée. Si l’enveloppe est saturée, la mutuelle reste souscrite, simplement sans déduction sur l’excédent.

3. La retraite en dernier, et seulement si la tranche baissera

C’est l’enveloppe la plus large, mais c’est aussi la seule dont l’avantage est un report. Sur un bénéfice modeste, elle plafonne à 4 806 € alors que la prévoyance offre davantage : l’ordre habituel s’inverse.

Le cas où tout se renverse. Après 70 ans, la troisième enveloppe disparaît, mais les deux premières restent entières. Un indépendant qui poursuit son activité conserve donc l’essentiel de sa capacité de déduction, à condition de la placer où elle existe encore.

Pour aller plus loin : la prévoyance des indépendants et le classement des leviers par ce qu’ils rapportent.

Vos trois plafonds, et ce qui dépasse

Trois étapes. L’outil calcule les trois enveloppes, y place ce que vous versez déjà, et signale ce qui sort des plafonds comme ce qui dort.

Étape 1 sur 3

Votre bénéfice et votre âge

C’est le bénéfice avant déduction de ces cotisations, celui de votre liasse. L’âge sert à repérer le seuil des 70 ans, qui ne touche que la retraite.

Votre tranche d’imposition

Une déduction vaut exactement votre taux marginal. À tranche nulle, elle ne vaut rien : la question devient celle de la protection, pas de l’impôt.

Ce que vous versez déjà, par an

Laissez zéro là où vous ne versez pas. Rappel : prévoyance et mutuelle partagent une seule enveloppe, les deux autres ont la leur.

Une enveloppe non utilisée au 31 décembre est perdue.

Ni report, ni rattrapage. Envoyez votre liasse et vos attestations : nous repérons ce qui dépasse et ce qui dort, avant la clôture.

Questions fréquentes

Les six questions que l’on nous pose le plus souvent sur la transmission d’un contrat d’assurance vie.

Qu’est-ce que le contrat Madelin, et qui peut en bénéficier ?

Ce n’est pas un produit mais un cadre fiscal, créé par la loi du 11 février 1994 et codifié à l’article 154 bis du code général des impôts. Il permet à un travailleur non salarié au régime réel de déduire de son bénéfice imposable les cotisations de prévoyance, de mutuelle, de retraite et de perte d’emploi. Sont concernés les artisans, commerçants, professions libérales, gérants majoritaires de SARL et entrepreneurs individuels au réel. Le régime micro est incompatible.

Le contrat Madelin est-il encore déductible après 70 ans ?

Cela dépend du volet, et c’est la distinction que presque aucun guide ne fait. Depuis la loi n° 2026-103 du 19 février 2026, les versements d’épargne retraite ne sont plus déductibles à compter du 70e anniversaire, versements TNS et anciens contrats Madelin compris. C’est la date exacte de l’anniversaire qui compte, pas l’année civile. En revanche, la prévoyance et la mutuelle ne sont pas concernées par ce texte, qui ne vise que l’épargne retraite : leur enveloppe reste entièrement ouverte.

Quels sont les trois plafonds en 2026 ?

Sur la base du plafond annuel de la sécurité sociale fixé à 48 060 € : la prévoyance et la mutuelle partagent une enveloppe de 3,75 % du bénéfice majorés de 7 % du plafond, bornée à 11 534 €. La retraite retient 10 % du bénéfice dans la limite de huit plafonds, majorés de 15 % de la fraction entre un et huit plafonds, avec un plancher de 4 806 € et un maximum de 88 911 €. La perte d’emploi retient le plus élevé de 1,875 % du bénéfice ou 2,5 % du plafond, soit 1 201 € au minimum et 7 209 € au maximum.

Le plafond de 88 911 € est-il vraiment accessible ?

Il n’est atteint qu’à partir d’un bénéfice de 384 480 €, soit huit fois le plafond annuel de la sécurité sociale. En dessous d’un bénéfice égal à un plafond, c’est le plancher de 4 806 € qui s’applique. Comparer ce chiffre au plafond des salariés sans préciser à quel niveau de revenu il correspond n’a pas de sens : à 200 000 € de bénéfice, un TNS déduit 42 791 €.

Que se passe-t-il si je verse au-delà du plafond ?

C’est l’erreur la plus coûteuse du dispositif. L’excédent n’est pas déduit, n’est pas reporté sur l’année suivante, et reste bloqué jusqu’à la retraite sur le volet retraite. Il expose en outre à une double imposition à la sortie si le suivi des versements non déduits n’est pas tenu contrat par contrat. Contrairement au plafond d’épargne retraite des salariés, aucune des trois enveloppes n’est reportable.

La déduction fait-elle aussi baisser mes cotisations sociales ?

Non, et c’est l’omission la plus fréquente des présentations commerciales. Depuis la réforme entrée en vigueur le 1er janvier 2026, les cotisations sociales des indépendants se calculent sur une assiette unique, le revenu brut social, avec un abattement forfaitaire de 26 % appliqué par l’URSSAF. Les cotisations Madelin ne sont pas déductibles de cette assiette. Vous déduisez de l’impôt sur le revenu, pas des cotisations.

Faut-il transférer un ancien contrat retraite Madelin vers un PER ?

Les plafonds sont identiques, les modalités non. L’ancien contrat impose des versements réguliers et ne sort qu’en rente viagère. Le PER autorise les versements libres, la sortie en capital ou en rente, et le déblocage anticipé pour l’acquisition de la résidence principale. Le transfert est possible à tout moment. Il se justifie surtout si vous voulez garder la main sur le rythme des versements ou la forme de la sortie.

Par quel volet commencer quand la capacité d’épargne est limitée ?

Par la prévoyance, presque toujours. Elle protège immédiatement, et le régime obligatoire laisse beaucoup à découvert : l’indemnité journalière plafonne à 65,84 € par jour en 2026, et le capital décès à 9 612 €. La retraite vient en dernier : son avantage est un report d’imposition, gagnant seulement si votre tranche baisse à la cessation, et sur un bénéfice modeste son enveloppe tombe à 4 806 €.

Thomas Reiminger, FOR-U

Écrit par Thomas Reiminger, manager marketing et relation client chez FOR-U. Relu par Laurent Hilaire, conseiller en gestion de patrimoine, qui engage l’immatriculation ORIAS n° 24004797 du cabinet.

Sources : article 154 bis du code général des impôts, issu de la loi n° 94-126 du 11 février 1994 ; plafond annuel de la sécurité sociale fixé à 48 060 € pour 2026 ; loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026 pour la fin de déduction de l’épargne retraite au 70e anniversaire ; loi n° 2023-1250 du 26 décembre 2023 de financement de la sécurité sociale pour 2024, dont l’entrée en vigueur a été reportée au 1er janvier 2026, pour l’assiette unique et l’abattement de 26 % ; article 62 du même code pour les gérants majoritaires. Vérifié le 10 septembre 2026. Le bénéfice à retenir pour ces calculs relève de votre expert-comptable. Cet article est une information générale et ne constitue pas un conseil personnalisé.

Une enveloppe non utilisée au 31 décembre ne se rattrape jamais.

Quarante-cinq minutes pour recalculer vos trois plafonds, repérer ce qui dépasse et ce qui dort, et coordonner avec votre expert-comptable.

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